Vive le ski

Avec un groupe de quinze amis, ma "femme" est partie
faire du ski.
Je n'ai pas pu l'accompagner: "j'ai
du travail à terminer...".
Mais force m'est de concéder que je n'étais guère
tenté...
La seule fois que j'ai essayé, sur la blancheur
immaculée,
J'ai passé la journée couché à goûter les flocons
glacés.
Ce jour-là, c'est surtout mon siège qui connut les
joies de la neige...
Bleu et transi comme un glaçon, j'en ai tiré ma
conclusion :
Si l'homme était né pour skier il aurait eu de plus
grands pieds.
Sourd à l'appel de la banquise, je l'ai aidé
à faire sa valise.
Elle a pris le strict minimum... pour une femme bien
de sa personne.
Lorsqu'ils s'en vont pour un voyage, l'homme et la
femme, pour leurs bagages,
N'ont pas le même raisonnement et se préparent
différemment.
Pour une semaine, deux pantalons, trois chandails,
quelques caleçons.
L'homme, prévoyant, se souciera avant tout du temps
qu'il fera.
Tandis que la femme, plus coquette, emportera toutes
ses toilettes
Car elle ignore, une fois là-bas, de quelle humeur
elle sera.
Parmi les piles de vêtements, je progresse
courageusement
Et me fais prendre tout à coup sous une avalanche de
dessous.
Mais j'accueille sans peur d'avoir froid cette neige
de dentelle et de soie.
Perdu dans un dédale de linge je me torture les
méninges.
Quelle peut bien être la fonction des escarpins dans
les flocons ?
Le fait d'être bien maquillée protège-t-il des
rayons ?
Comme elle prévoit un long chemin elle part à trois
heures du matin.
Épuisé par tout ce branle-bas, je dors encore quand
elle s'en va.
Le matin, à mon petit déjeuner, je vois sur la table
un papier :
Travaille bien pendant la semaine... signé ta petite
femme qui t'aime.
PS: je t'ai laissé quelques mots pour
cette semaine...
De fait, un premier mot me frappe: "Ne coupe pas ton
pain sur la nappe".
Je ris en versant mon café ; j'essuie ce que
j'ai renversé.
A terre, une feuille et quelques lettres :
"Pas de café sur la moquette".
Quand j'ai fini mon déjeuner, je place la vaisselle
dans l'évier.
Là-bas aussi, un mot mutin: "Ne casse pas tous mes
verres à vin".
Sur la poubelle, un papier blanc me dit de la vider
avant
Que les ordures de la maison ne
s'empilent pas jusqu'au plafond.
Quand j'ouvre le congélateur, je vois un mot
accusateur
Qui me conseille avec audace de ne pas manger trop de
glace.
Vaincu, je me rends aux toilettes mais là aussi, un
mot me guette:
"N'arrose pas les murs de ce coin de ton pipi frais du
matin".
Même à la douche, pas de répit, son écriture me
poursuit:
"N'oublie pas de bien essuyer le sol après t'être
lavé".
Je souris et jette le mot, mais un autre, près du
pommeau
Me tire encore une cartouche: "Ne reste pas trop
longtemps sous la douche".
Sur le point d'aller au travail, je remarque un
dernier détail,
Un message sur le vidéo:
"Ne regarde pas cinquante pornos le soir avant
d'aller au lit,
Je pense qu'une dizaine, ça suffit".
J'emporte au bureau tous ces petits
feuillets d'amour...
Ils me tiendront bien au chaud en
attente
de son retour.
...signé Marco
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